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EmauxEmile GALLE (1846-1904)La personnalité d'Emile Gallé domine la période d'après la guerre de 1870 jusqu'à sa mort en 1904. Artiste au sens le plus complet du terme, il donne à l'art du verre d'infinies possibilités insoupçonnées avant lui. Emile Gallé puise à toutes les sources avant de trouver son style propre, illustrant à lui seul tous les principes esthétiques de l'Art Nouveau.                                                                                           Il puise au début dans la tradition verrière de Venise ou de la Bohème. Nancy, ville au riche passé architecturale décoratif, ses musées aux magnifiques collections de verres anciens, ne peuvent le laisser indifférent. Chez son père, négociant en céramique et en verrerie, il trouve la tradition naturaliste des modèles du XVIIIème siècle en sa flore lorraine. Sur de nombreux modèles exécutés en 1878, il montre qu'il a bien assimilé ces principes décoratifs dans la technique de l'émaillage. L'Antiquité, la Renaissance, Eugène Rousseau l'inspirent aussi ; mais c'est essentiellement vers l'Extrême-Orient qu'il se tourne et surtout l'art japonais auquel il reste longtemps fidèle. Mais il n'en continue pas moins à se complaire dans les pastiches ; il aime, par des entrelacs dorés et des sujets émaillés, à rappeler les broderies et les miniatures musulmanes. Par dessus tout, il aime les symbolistes. Il participe activement à ce mouvement. Des écrivains comme BAUDELAIRE, Jean-Jacques GRANDVILLE, Sully PRUDHOMME, Marceline DESBORDES-VALMORE l'ont beaucoup influencé. Son œuvre est empreinte des " Correspondances " baudelairiennes, à la recherche du " langage des fleurs et des choses muettes ". Victor Hugo, lui aussi traducteur et déchiffreur de symboles, est son grand homme ; des citations du grand écrivain sont souvent gravées sur des vases, pour préciser ou renforcer sa pensée. Car l'œuvre d'Emile Gallé n'est pas seulement l'œuvre d'un virtuose de la technique, mais le reflet de ses idées majeures d'Amour, de Liberté, de Vérité.                   DAUML'atelier DAUM, il faut le souligner, est un modèle de coopération artistique, à l'inverse de ce qui se passe chez Emile GALLE, seul créateur. Les DAUM favorisent les initiatives personnelles ; sous l'impulsion et la direction d'Antonin DAUM, les oeuvres sont le fruit d'un travail d'équipe unique en son genre. Auguste LEGRASAuguste LEGRAS, avant la guerre de 1914, prend la direction des Verreries et Cristalleries de Saint-Denis et produit sous son nom une quantité impressionnante d'articles en verre plus " fantaisies " qu'artistiques, dans les techniques les plus diversifiées, et parfois même élaborées.
Grand admirateur d'Emile Gallé, il présente une production où la flore est largement représentée, dans le style "Ecole de Nancy".
Son fils Charles reprend la direction de l'affaire en 1909. Puis, après avoir absorbé la maison Vidié à Pantin, les Etablissements LEGRAS et Cie deviennent en 1919 les Verreries de Saint-Denis et de Pantin sous forme de Société Anonyme. Leur fabrication concerne les mêmes objets que précédemment et portent toujours la signature LEGRAS. Ils éditent aussi des verres d'inspiration ART DECO et même abstraits, faits de poudroiement d'oxydes clairs sur un fond foncé. La technique évolue peu : sur des verres à plusieurs couches, l'acide fluorhydrique dégage le décor. Parfois, des paysages ou des décors floraux sont repeints à l'émail par-dessus.            André DELATTECet artiste se place comme un continuateur de l'esthétique de l'Ecole de NANCY. Pour répondre aux goûts d'une clientèle restée fidèle aux modèles naturalistes Art Nouveau selon les préceptes de l'Ecole de Nancy, il produit des vases et des coupes à décor de fleurs (clématites, glycines, prunus, etc…) ou de papillons aux ailes largement déployées. D'autres thèmes, des paysages aux voiliers voguant sur un lac, ou des frises de danseuses, suivent les mêmes préceptes dans la technique, qu'il applique généralement, de la gravure à l'acide sur des verres à plusieurs couches colorées. Les tons adoptés sont des bruns, des oranges, des violets, des verts… Vers 1925, le décor peut se styliser pour suivre l'évolution générale de la tendance artistique, et même devenir parfois géométrique dans l'esprit de SCHNEIDER, ou même franchement abstrait. Il signe à la pointe ou en relief de son nom entier suivi de Nancy.          |